AGLAE exploite les données de séries d'essais interlaboratoires et en tire notamment des informations sur les méthodes d'analyse. Ces études ont pour but d’informer les laboratoires et de les aider à comprendre les écarts qu’ils peuvent eux-mêmes observer.

Bilan sur les incertitudes mesures et les zêta-scores

Lors de nos essais interlaboratoires en physico-chimie les participants ont la possibilité de faire évaluer leurs incertitudes de mesure. Nous avons étudié le pourcentage de laboratoires qui ont rendu des incertitudes, les incertitudes rendues et le pourcentage d’incertitudes qui ont été sous-estimées. Cette étude a été effectuée en fonction du type de paramètre et de la nature de l’échantillon analysé. Nous avons également examiné l’évolution des données entre 2013 et 2015.  Nous avons pu relier des incertitudes caractéristiques à des familles de paramètres : 
 
Famille Incertitude relative élargie médiane (k=2)
Chimie de base 10%
Métaux 14%
Organiques 30%
Indices 20%
Mesures physiques 5%

zêta-score

Nous avons également observé que la nature de l’échantillon pouvait avoir une influence sur l’incertitude, notamment pour les métaux. Pour ces paramètres les incertitudes rendues par les laboratoires ainsi que le pourcentage d’incertitudes sous estimées sont plus faibles sur eaux propres que sur eaux résiduaires et sur matrices solides. Il y a eu peu d’évolution entre 2013 et 2015. Le pourcentage de laboratoires qui accompagne leurs résultats était déjà élevé en 2013 et a augmenté légèrement en 2014 et 2015. Les incertitudes rendues par les laboratoires ont légèrement augmenté avec pour conséquence logique une légère diminution du nombre d’incertitudes sous-estimées. 
 
Téléchargez le rapport d'étude Bilan incertitudes et zêta-zcores

L'objectif de l'étude était de vérifier s’il y a des écarts entre les résultats obtenus par ICP/MS et ceux obtenus avec les autres techniques d’analyses actuellement employées pour l’analyse du fer, du titane et du mercure sur eaux propres (eaux limpides de type eaux de distribution ou eaux embouteillées). Les essais interlaboratoires d’aptitude mis en oeuvre par l’Association depuis 2012 ont été retraités en séparant les résultats des participants selon les méthodes mises en oeuvre.

En synthèse :

  • Aucun écart significatif n’a été observé lors des essais mis en oeuvre depuis 2012 entre les résultats obtenus par ICP/MS et ceux obtenus par d’autres méthodes pour l’analyse de Fe, Ti et Hg sur eaux propres.
  • En revanche, pour Fe et Ti, nous avons observé une tendance statistiquement significative à l’obtention de résultats plus élevés en ICP/MS qu’en ICP/AES (ou ICP/OES). Les résultats par ICP/MS étant en moyenne plus élevés de 1,8% pour Fe et 2,6% pour Ti.

Téléchargez l'étude Comparaison ICP/MS et autres techniques pour Fe, Ti et Hg


Comparaison des mesures de DCO par méthodes classiques et en tubes fermés

Depuis 5 ans, AGLAE organise des essais interlaboratoires sur des eaux naturelles et résiduaires pour la demande chimique en oxygène par méthode classique et par méthode en tubes fermés (ST-DCO). Au total, 27 matériaux ont été analysés et pour chacun d’eux des écarts entre les résultats de mesure de ces deux techniques analytiques ont été observés :

  • sur eaux naturelles la DCO a tendance à donner des résultats plus élevés que l’analyse en ST-DCO alors que sur eaux résiduaires la tendance s’inverse
  • il n’y a pas équivalence totale entre les valeurs de fidélité (coefficients de variation de reproductibilité et de répétabilité) des deux méthodes selon le type de matrice : la ST-DCO donne des résultats plus répétables et plus reproductibles que la DCO sur eaux naturelles, la fidélité des deux techniques devient similaire sur eaux résiduaires

Téléchargez l'étude de comparaison des mesures de DCO par méthodes classiques et en tubes fermés


Ecarts entre méthodes pour les métaux sur eaux propres

AGLAE organise des essais interlaboratoires pour l’analyse de métaux sur eaux propres depuis une vingtaine d’années. Lors de ces essais nous observons de manière régulière des écarts entre les résultats des participants qui mettent en œuvre des techniques d’analyse différentes. Nous avons identifié et quantifié ces écarts en exploitant les résultats obtenus lors de plusieurs essais interlaboratoires.

La tendance globale qui se dégage pour les 3 techniques d’analyses majoritaires (ICP-AES, ICP-MS et SAA-four) est que les résultats obtenus par ICP-AES ont tendance à être plus bas que ceux obtenus par ICP-MS et SAA-four. Ces écarts sont dans l’ensemble relativement réduits avec un écart moyen de 5%. Nous avons également pu observer que les résultats des laboratoires qui ont mis en œuvre une technique par ICP étaient globalement plus reproductibles.

Téléchargez l'étude d'écarts entre méthodes pour les métaux sur eaux propres


Comparaison des méthodes de minéralisation pour Fe et Sn sur eaux résiduaires

Toutes les méthodes de minéralisation employées pour l’étape de digestion de Fe et Sn dans l’eau résiduaire ne permettent pas aux laboratoires de doser la totalité des éléments. De manière générale, les résultats obtenus sans minéralisation des échantillons sont notablement plus bas que ceux issus d’une digestion. Une minéralisation à l’eau régale (HNO3/HCl) est plus efficace qu’une digestion à l’acide nitrique seul (HNO3).

  • Pour le fer, nous avons observé que les écarts entre les méthodes de minéralisation diminuent si l’élément est ajouté par dopage de la matrice ou s’il y a une baisse du taux de matière en suspension.
  • Pour l’étain, plus le niveau de concentration est élevé, moins les écarts entre méthodes sont importants.

Téléchargez l'étude de Comparaison des méthodes de minéralisation pour Fe et Sn sur eaux résiduaires


Ecarts entre méthodes pour les micropolluants organiques sur eaux propres

Plusieurs écarts entre méthodes ont été mis en évidence :

  • Pour les organochlorés et les PCB, les résultats obtenus par GC/MS ont tendance à être plus élevés que ceux obtenus par GC/ECD.
  • Pour les OHV et les BTX, les résultats obtenus par espace de tête statique sont moins reproductibles que ceux obtenus par purge and trap. Nous avons également observé que les résultats obtenus par espace de tête statique étaient en moyenne plus élevés que ceux obtenus par purge and trap pour plusieurs OHV.
  • Pour les HAP (exception faite de l’anthracène), la reproductibilité des résultats est meilleure lorsque les laboratoires utilisent la LC/fluorimétrie que lorsqu’ils utilisent la GC/MS. Il y a également une tendance à avoir des résultats plus élevés en LC/fluorimétrie qu’en GC/MS.
  • Pour les urées les résultats en LC/DAD sont plus reproductibles que ceux obtenus par LC/MS/MS, même si l’écart est significatif uniquement pour l’isoproturon.

Téléchargez l'étude d'écarts entre méthodes pour les micropolluants organiques sur eaux propres


Indice agents de surface anioniques, comparaison des méthodes d'analyse globale (spectrophotométrie avec ou sans flux)

La détermination de l’indice agents de surface anioniques selon différentes méthodes ne permet pas toujours aux laboratoires de doser la totalité des tensioactifs présents dans l’eau. Les deux techniques utilisées par les participants lors des essais interlaboratoires (EIL) d’AGLAE sont la spectrophotométrie directe et la spectrophotométrie avec utilisation du flux. Nous observons que les résultats des laboratoires qui analysent en flux ont tendance à être systématiquement plus bas que ceux des laboratoires qui procèdent par spectrophotométrie directe.

Il apparait que :

  • sur eaux résiduaires les écarts entre méthodes sont d’autant plus importants que le taux de matières en suspension augmente.
  • sur eaux naturelles, plus le niveau de concentration en agents de surface anioniques augmente, plus les résultats issus d’une analyse en flux sont faibles par rapport à l’autre méthode.

Téléchargez l'étude de comparaison des méthodes d'analyse globale pour l'indice agents de surface anioniques